Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 23:46

Vers 3000 ans avant JC, les Chinois utilisaient l'ail pour relever la saveur de leur nourriture, si caractéristique de la cuisine orientale. A la même époque, au Moyen Orient, dans le Sud-est de l'actuel Iraq au bord de l'Euphrate, les Sumériens ont laissé la première trace écrite sur l'ail.

 

Pyramides.


Les Egyptiens firent de l'ail une divinité. Des papyrus datant de 1700 avant J.C nous apprennent que de nombreuses plantes communes telles que l'ail et le genévrier, étaient déjà connues pour leurs vertus curatives il y a prés de 4000 ans. En Egypte, dés l'époque pharaonique on remarqua sa valeur alimentaire et ses propriétés nutritives. L'historien grec Hérodote rapporte que les manœuvres qui construisaient les pyramides recevaient quotidiennement d'importantes rations d'ail qui leur donnaient la force nécessaire à ce travail épuisant. Il arriva même que ces ouvriers fassent la grève sur le tas les jours où le ravitaillement n'était pas assuré. Sans atteindre la hauteur du monument qu'ils élevaient vers le ciel, les bottes d'ails devaient alors représenter des monticules impressionnants, quand on sait que des milliers d'hommes travaillaient ensemble. Une inscription de la pyramide de Chéops atteste les quantités d'ails et d'oignons consommés par les constructeurs. Les hiéroglyphes égyptiens de l'ail se lisaient « aaqi ».


Photo : © Jean Gachignard

 

Chez les Assyriens et les Babyloniens également, l'ail et l'oignon crus accompagnés de galettes, formaient l'essentiel de nourriture de ceux qui travaillaient sur les « chantiers ».

 

Les hébreux durant l'Exode vers 1250 avant JC, considéraient l'ail comme le bien le plus précieux abandonné en Egypte. Dans le désert, suivant Moïse, certains n'hésitaient pas à se plaindre, selon le Livre des Nombres (quatrième des cinq premiers livres constituant la Torah) :

- « Nous nous souvenons des concombres, des melons, des poireaux, des oignons et de l’ail ».

 

Dans la mythologie classique (Homère 85 av JC), l’ail était une Plante virile, gouvernée par Ares (Mars chez les romains), le dieu de la guerre et l'élément du feu. C'était aussi le symbole d’Hécate, la sombre déesse du ciel nocturne, du monde souterrain et de la sorcellerie*. Protectrice des troupeaux, des marins, des sorcières, elle est aussi réputée pour hanter les cimetières et les lieux des crimes en tant que déesse de la purification, de I’expiation, propriétés qui ont été aussi associées à l'ail, (dans la Grèce antique la déesse recevait de l'ail en offrande). Des statues représentaient fréquemment Hécate sous la triple formes de la pucelle, de la mère et de la vieille femme (on parlait alors souvent du « souper d'Hécate »). Elles étaient situées aux carrefours des principales routes pour contraindre le peuple à faire des choses déplaisantes, voir répugnantes. Pour que la déesse Hécate soit contente les participants se gavaient d'ail pendant plusieurs jours et allaient en procession orner de guirlande d'ail les autels de cette déesse. Ils y immolaient des chiens et parfois des rats. Les cadavres, vidés de leurs viscères et bourrés de gousses d'ail, étaient alignés le long de la route et ce parfois sur plusieurs kilomètres. Ces rites en disent long quand on sait que les Grecs avaient l'ail en horreur (ils l'appelaient « rosé puante »). Aussi s'en servaient-ils pour sacrifier à une divinité malfaisante et infernale, dont il était important d'apaiser le courroux. A l'inverse, il était formellement défendu à ceux qui avaient mangé de l'ail d'entrer dans le temple de Cybèle la grande Magna Mater, mère des dieux. Dans la mythologie Grecque voici ce qui est raconté dans l'une des aventures de l'Odyssée.

 

Circe Offrant une coupe à Odysseus. Date : 1891 Artiste : John William Waterhouse


Circé, déesse et magicienne, habitait l'île d'Aea ou l'île de l'aurore. Elle vivait dans un palais somptueux, au milieu d'animaux sauvages, qui n'étaient que d'imprudents voyageurs transformés par la baguette magique de la redoutable enchanteresse. Odysseus (Ulysse chez les romains) débarquant sur l’ile avec son navire, envoie à la découverte du territoire plusieurs de ses compagnons. La magicienne les capture et les change en pourceaux. Odysseus apprenant le drame, se met en route pour les délivrer. Il rencontra Hermès (entre autre guide des voyageurs) qui lui procura un charme (à base d'ail) destiné à circonvenir aux sortilèges de la sorcière. Le héros déjoua les ruses de Circé, se fil aimer d'elle et l'obligea à désensorceler ses compagnons.

 

Chez les romains, le peuple, les soldats, les moissonneurs se nourrissaient d'ail, toujours parce qu'il est tenu pour un puissant tonique. Lorsqu'ils descendaient dans l'arène pour y affronter une bête féroce, lutteurs et gladiateurs s'enduisaient le corps d'une purée d'ail. Cette croyance aux vertus toniques et stimulantes de l'ail persista au moins jusqu'à la renaissance.

 

En 54 av J.C. Rome eut un nouvel empereur Claude qui épousa Agrippine, mère d'un autre empereur Néron.

 

Empereur Claude. Camée, sardonyx, or (monture d'or du XVIe siècle). Ce camée a appartenu au Trésor de Saint-Denis. Acquisition en 1791. Provenance : Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France.



Agrippine persuada Claude d’adopter son fils et d’en faire son héritier. Ensuite elle commença à comploter contre son mari, l’empoisonner afin que Néron accède au trône.

Claude avait un champignon favori. Sa femme fit en sorte qu’on lui servit un plat de ces champignons spécialement cuisinés avec un poison mortel. Claude perdit connaissance et fut transporté hors de la pièce. Malheureusement pour Agrippine, son mari avait bu beaucoup de vin et mangé d'autres plats qui, tous, était assaisonnés avec une grande quantité d'ail. Claude survécut à cette tentative. Agrippine, cependant était femme de ressource. Ce même soir, elle ordonna au médecin qui soignait Claude de « chatouiller la gorge du souffrant avec une plume empoisonnée ». Cette fois, Claude eut moins de chance ; il mourut, Néron monta sur le trône. A partir de ce moment les Romains crurent que le vin et l'ail étaient un antipoison.




Partager cet article

Repost 0
Published by Aux plaisirs - dans Mémoire : L'ail
commenter cet article

commentaires

Rechercher