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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 10:29

On le surnomme parfois l'herbe aux sept chemises ou aux neuf vertus1...

 

Le TALMUD, dit que l'ail donne de l'éclat au visage et ajoute qu'il rend le sperme plus abondant. On y voit ici l'effet bénéfique pour la procréation plutôt que sur le plaisir... conjugal.

 

L'ail donne de la force et de l'énergie, il passe naturellement pour un excitant génital (masculin). La forme de sa tête ne manque pas de ressembler à ce dont les hommes sont fiers et qui a toujours fait le symbole de leur « supériorité »...

 

Sans doute l'ail échauffe nos sens, comme il échauffe l'imagination et peut donner des idées pour les après midi chauds aux siestes amoureuses. Comme le notait Léon Daudet, « il faut laisser agir le démon de l'ail ». D'après lui, l'ail rend facilement sentimental, dispos et vigoureux mais aussi la bouche enfumée.

 

L'ail peut être vulgaire...

Grimod de la Ileyniere en fit l'emblème de la révolution ; « L'ail, qu'on tolérait à peine autrefois dans nos cuisines, que les cuisiniers même n'employaient qu'en cachette, dont le seul nom suffisait pour donner des vapeurs à nos petites maîtresses de la cour et de la ville, est devenu depuis cette époque un assaisonnement presque vulgaire à Paris ».

 

L'ail est viril...

Il sent la sueur de l'homme, l'homme qu'on considérait comme animal. Dans l'Italie médiévale, on expliquait ainsi que l'ail, l'oignon, la rave et les grosses fèves convenaient parfaitement aux gens de la terre. L'encyclopédie de Diderot dit : « Les gens de qualité doivent laisser cet assaisonnement aux paysans, aux soldats et aux marins, c'est pour eux un ragoût délicieux qu'ils utilisent d'ailleurs pour à peu près tout ».

 

Henri IV, provincial peut-être, mais pas paysan. Il n'était pas de cet avis et sa gourmandise préférée était l’omelette fourrée d'ail. Baptisé par son grand-père au vin du Jurançon et à l'ail  ! Il en fit une consommation importante au cours de sa vie. Mme de Verneuil le grondait cruellement un jour de ce qu'il en puait la charogne. C'est en tout cas contre l'impuissance que le vert-galant mâchait chaque matin une gousse d'ail, soucieux de préserver sa réputation.

 

C'est sur les hommes exclusivement que l'ail a son pouvoir aphrodisiaque. Sur les femmes il semblerait plutôt endormir les sens. En Grèce lors des Thesmophories2, fêtes d'initiation auxquelles se préparaient les femmes par neuf jours de jeun et d'abstinence, celles-ci mâchaient de l'ail qui croyaient elles, les libéraient de tout désir charnel. « Pour se refroidir et ôter tout appétit chaud de l'amour ». dit joliment Brantôme3.

 

Et dans ses Recettes Immorales, Manuel Vasquez  Montalban4 « Il est conseillé de ne pas abuser d'ail car cet excellent boute feu des passions peut aussi les réduire en cendre ». A croire que les hommes attirés par les pulsions, sont eux même contrariés par une si forte odeur dans de jolies bouches.

 

Et...

Suite à un litige entre les Royaumes Unis et la France les journaux à sensations anglais affirmaient que les françaises étaient « sexuellement voraces », qu'elles sentaient l'ail et criaient « oh ! la ! la ! », dans l'amour.

 

Dans certaines régions de France et d'Italie on suspend au-dessus du lit conjugal une couronne. L'ail accompagne parfois aussi la nuit de noce c'était l'aillade de minuit.

 

« ... A la noce d'Albine, j'y étais. Il s'agit de surprendre nos tourtereaux au lit, elle est toute rougissante dans sa collerette de dentelle, lui faussement faraud et de leur faire absorber de grés ou de force, dans un feu d'artifice de farce et attrape, le sacré brouet toute une énorme soupière de soupe noire de poivre, violette de vin et farcie d'ail. De quoi restaurer les pires abatteurs de bois je vous jure... » Joseph Delteil, Le cuisinier paléolithique.

 

Au Moyen-Orient, le jeune marié porte une gousse d'ail à sa boutonnière. Elle lui assure une vaillante nuit de noce.

 

L'ail qui calme les ardeurs des uns, enflamme le désir des autres a aussi bien d'autres vertus... Sauf qu'il empêche si souvent le baiser langoureux...



1)  Les neuf vertus,
1. Hospitalité : Volonté de partager, de donner et de recevoir. (Gebo = Vanaheimr)
2. Travail : Expression humaine par la création, réalisation concrète. (Hagalaz=Svartalfheimr)
3. Courage : Être brave pour être juste.(Nauthiz =Jötunnheimr)
4. Discipline : La fermeté dans son parcours. (Isa = Niflheimr)
5. Liberté : Indépendance d’esprit et d’action. (Jera = Ljossalfheimr)
6. Persévérance : L’échec n’est pas une fin. (Eïhwaz = Hell)
7. Vérité : Dire et vivre ce que l’on pense juste et vrai. (Sowilo = Müspellheimr)
8. Fidélité : Être fidèle à son Destin. (Ingwaz = Midgardh)
9. Honneur : Reconnaître sa valeur et celle des autres. (Dagaz = Asgardh)


***

2) Thesmophories,

Les Thesmophories étaient une fête se déroulant en Grèce antique en l'honneur de Déméter, la déesse de l'agriculture.
Les Thesmophories commémoraient Déméter Thesmophoros, littéralement celle qui a apportée les lois. Seules les femmes mariées à des citoyens y participaient. En effet, Déméter était la déesse qui a institué le mariage et a donc donné un statut social aux femmes, leur permettant d'être plus que de simples concubines. Déméter, en enseignant l'agriculture aux hommes, leur a permis de se sédentariser et ainsi de créer un nouveau type d'organisation sociale dont l'habitation devient le noyau. Sur la base d'un domicile fixe se greffe tout naturellement l'idée d'une famille fixe. Le lien conjugal devient donc une des bases de la société civilisée.


***

3) Pierre de Bourdeille, dit Brantôme,
Abbé de Brantôme, né vers 1540 à Bourdeilles, en Périgord, et mort le 15 juillet 1614, dans son château de Richemont à Saint-Crépin-de-Richemont, abbé commendataire et seigneur de Brantôme, était un écrivain français, surtout connu pour ses écrits « légers » relatant sa vie de courtisan et de soldat.

Pierre de Bourdeille est un personnage à plusieurs facettes. En effet, abbé laïc (ou séculier) de Brantôme, il s'illustre aussi bien par les armes que par la plume de l'écrivain. Il a beaucoup écrit sur les grands personnages de son temps et des générations immédiatement précédentes. Même s'il n'est pas considéré comme un historien, il est un chroniqueur du XVIe siècle, donnant une vision mordante et vive de son temps.


***

4) Manuel Vázquez Montalbán,
Romancier, essayiste, poète et journaliste espagnol est né le 14 juin 1939 à Barcelone, décédé le 18 octobre 2003 à Bangkok. Issu d'un milieu modeste, Manuel Vázquez Montalbán avait fait des études de philosophie et de lettres et était diplômé de l'école de journalisme de Barcelone.

Il s'engage politiquement dans les mouvements de gauche catalans, ce qui le mènera dans les prisons franquistes.

En 1972, il crée le personnage de Pepe Carvalho, détective privé galicien et gastronome. Celui-ci est assisté, professionellement et culinairement, par Biscuter, rencontré dans les prisons de Lleida (Lérida).
« Je suis un communiste hédoniste et sentimental » Manuel Vazquez Montalban

 

 



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Published by Blasons - dans Mémoire : L'ail
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