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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 16:11

Voici un vers adressé à Mécène par Horace suite à un repas qui causa un froid dans ses relations intimes avec Lydie.

 

Si quelque jour un fils étranglait son vieux père,

C'est par l'ail qu'il devrait périr.

Moissonneurs, la ciguë est bien moins meurtrière,

Et de l'ail vous osez vous nourrir !

Quel poison a passé dans ma gorge brûlante ?

Canidie a joint le venin

D'une affreuse vipère à cette herbe innocente ;

Ce met fatal sort de sa main.

Quand, Argo, Jason allait en téméraire,

Dompter les fabuleux taureaux,

Tremblant pour le salut d'une tête si chère,

Médée frotta le héros.

Elle teignit aussi de ce suc homicide

Qu'elle offrit à Creuse, sa rivale perfide,

Avant de fuir sur son dragon.

Jamais plus de chaleur dans l'Apulée ardente

Ne suivit le char du soleil.

Hercule, en revêtant sa robe dévorante,

Ne brûla pas d'un feu pareil.

Si tu goûtais à l'ail, qu'aussitôt ton amante,

Mécène, mon aimable ami,

Repoussant tes baisers, cherche en son épouvante

Au fond de sa couche un abri !

 

Ce qui serait mieux résumé par le quatrain suivant ;

 

En son brillant palais, l'ingénieux Mécène

Invita maître Horace à manger de l'ailloli.

Mais, le soir, celui-ci dut subir une scène,

Car Lydie abhorrait l'odeur de l'ail au lit.

 

 

Jason le conquérant de la Toison d'or, préféra Créuse à Médée. La magicienne envoya une robe frottée à l'ail à sa rivale...

 

Médée en frotta le héros

Elle teignit aussi de ce suc homicide

La robe, redoutable don,

Qu'elle offrit à, Créuse, sa rivale perfide

Avant de fuir sur son dragon.

Jamais plus de chaleur dans l'Apulée ardente

Ne suivit le char du soleil.

Hercule, en revêtant sa robe dévorante,

Ne brûla pas d'un feu pareil.

Si tu goûtais à l'ail, qu'aussitôt ton amante,

Repoussant tes baisers, cherche en son épouvante,

Au fond des couches un abri !

 

 

L'ail n'a pas que des ennemis. Méry le Marseillais, lui consacre plusieurs vers. en voilà un :

 

Virgile, homme de goût, a chanté son arôme

Dans des vers applaudis par les dames de Rome ;

Et quand il allait voir Auguste au Palatin,

Thestillis apprêtait l'ail et gardant ses chèvres ;

Et le poète en cour exhalait de ses lèvres

Le vrai parfum du vers latin.

 

 

« Il est bon de mastiquer de l'ail et d'en faire des fumigations ». Un herbier assyrien 8e siècle avant J.C.

 

 

« Il est reconnu ici à quel point le radis noir, l'oignon rouge et l'ail contribuent à la santé des ouvriers ». Hérodote, historien grec : vers 484 - 425 avant J.C.

 

« L'ail rend les hommes paillards soiffards et vantards ». Thomas Nash, poète anglais 1564-1601.

 

« Si l'ail possède le pouvoir de sauver de la mort, alors supportons le malgré l'haleine répugnante qu'il donne. Ne dédaignons pas l'ail comme d'aucuns le font, il nous fait seulement cligner de l’oeil boire et sentir mauvais ». Sir John Harrington : Le médecin anglais 1609.

 

« Ne manger ni ail, ni oignon car leur odeur trahira votre origine paysanne ». Cervantès Don Quichotte : 1614.

 

« Notre jardin regorge de fines herbes en pot, il est notre boutique d'apothicaire et c'est une gousse d'ail qui nous sert de médecin ». Anonyme 1615.

 

« Soyez-en sur, ce n'est ni pour le palais des dames ni pour ceux qui les courtisent... ». John Evelyn, Acearia : Un discours sur les salades 1699.

 

« J'ai passé quelques semaines de dissipation à Londres et je fus transformé par l'élixir de CIRCE, non en brute mais en dandy. A présent, je mange de l'ail à la campagne ». Sidney Smith, Bel esprit et essayiste du 18e et 19e siècle.

 

« Tenez-vous bien ! Les jeunes femmes de bonne famille mangent... je vous le donne en mille... de l'ail ! » . Shelley : poète romantique 1810.

« L'ail de Provence à le parfum caractéristique de l'essence raffinée produite par ce bulbe mystérieusement appétissant ».

 

« Une plante comestible dont les bulbes sont utilisés dans les assaisonnements, elle donne un jus âcre, volatil qui fait monter les larmes aux yeux et en application sur la peau la fait rougir et risque même de la brûler... ».

 

« Chacun reconnaît l'odeur de l'ail sauf celui qui en a mangé et qui se demande pourquoi tout le monde se détourne de lui... ». Alexandre Dumas : Le grand dictionnaire de la cuisine 1873.

 

« Lorsqu'on utilise de l'ail dans la cuisine c'est alors que commence le règne de la paix et du bonheur ». Marcel Boulestin : début du 20e siècle.

 

« Heureux le nez qui n'est point exposé à se sentir empoisonner par cette plante ». Sidoine Apollinaire.

 

L'ail sauvage pousse en si grande quantité dans certaines régions de Pays de Galles que nous pensons qu'il à inspiré l'emblème national (Qui est le poireau) ». Dorethy Hartley : L'alimentation en Angleterre 1954.

 

Shakespeare, qui considérait l'ail comme n'étant pas fait pour les nobles, reflète bien l'état d'esprit de la société en Grande Bretagne : « l'ail est réservé pour les pauvres qui l'utilisent plus comme un médicament que comme un aliment ».

 

Colette, terminait ses lettres envoyées à ses amis en les embrassant de tout son coeur à l'ail de Provence. (d'après Jean-Luc Hennig).

 

« Avoir les fesses en gousse d'ail ». Expression de Giono en parlant des femmes dont le derrière n'est guère érotique. Dans le Hussard sur le toit, il décrit : « Les femmes qui croquent de l'ail et courent affolées chercher les voisines en agitant leurs gousses comme des grelots apotropaïques ».

 


L'ail est un ingrédient culinaire universel...

C'est une plante médicale appréciée...

Il occupe en outre une place de choix dans les religions,

les mythes et la magie. Fort de son passé et de son présent l'ail est sans nul doute promis à un bel avenir...



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Published by Blasons - dans Mémoire : L'ail
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