Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 00:23
Comme c'est souvent le cas pour les Solanacées1, la pomme de terre contient différentes toxines, surtout dans les parties vertes, ainsi que dans les fleurs et les bourgeons : il n'est pas d'usage de consommer les tiges et les feuilles (qui ont pu servir dans des périodes difficiles comme substitut du tabac) mais il faut s'abstenir de consommer les tubercules lorsque ceux-ci présentent des parties vertes, car on risque alors de s'intoxiquer.

La principale de ces toxines est un glycoalcaloïde, la solanine, qui est présente aussi dans le tubercule à des doses faibles (moins de 10 mg pour 100 g) et concentrée surtout dans la peau, d'où l'intérêt de l'épluchage. Lorsque la concentration est plus élevée, c'est le cas chez certaines variétés, cela donne un goût amer au tubercule. La solanine n'est pas éliminée habituellement par la cuisson car elle n'est détruite par la chaleur qu'au-delà de 243°C.

La pomme de terre contient aussi des lectines, mais celles-ci sont détruites par la cuisson. Les lectines sont des protéines capables de se lier de manière réversible à des mono- ou oligosaccharides. Cette propriété permet aux lectines d'agglutiner les hématies humaines et de probablement perturber le bon fonctionnement du tube digestif des insectes se nourrissant de la plante, jouant ainsi un rôle dans la défense de cette plante contre les insectes.



Qui aurait l'idée d'associer ce tubercule à l'amour ? Et pourtant...

Les Aztèques l'adoraient sous le nom de « papa2 » et l'utilisaient pour faire des potions particulières idéales contre l'usure des parties intimes. Les feuilles et les baies de pomme de terre contiennent une dose élevée de solanine qui stimule et contracte certains muscles.

Incroyable ; C’est grâce à la patata (enfin une cousine Solanum aviculare) des Indiens qu’est née la pilule, dans les années 50. Des botanistes constatèrent que des femmes de certaines tribus amazoniennes consommaient une variété de patata qui les rendait amoureuses et les empêchait de tomber enceintes. En analysant les tubercules, ils constatèrent que ceux-ci contenaient une grosse concentration d’hormones végétales à effet ostrogénique. Les premières pilules furent faites à partir de ces hormones3...


Patati et patata…

La pomme de terre désigne aussi la plante elle-même. Il semble que l'appellation pomme de terre ait été utilisée pour la première fois en 1762 par le botaniste Henri Louis Duhamel du Monceau.

La pomme de terre est décrite pour la première fois. Une nuit de 1537, dans la vallée de Canca, pacifiée par Pizarro. Tous les camarades de Pedro de Sieza ou Cieça, dorment et c'est à la lumière d'une torche allumée au-dessus de sa couche que Pedro ajoute dans son journal de voyage (de Carthagène à Cali), les événements de la journée. Pour décrire ce tubercule qui sert d'aliment aux autochtones, il écrit : une sorte de noix de terre qui, une fois bouillie, devient molle comme une châtaigne cuite, mais qui garde une peau fine, pas plus grosse que celle de la truffe. Pedro est le premier Européen à avoir vu, à avoir touché et à avoir goûté la papa des Péruviens à l’avoir décrite comment on la sèche pour devenir le chuño4. Il faut attendre quelques années pour que la pomme de terre soit embarquée pour servir de ballast sur un voilier en route pour l'Espagne. Dans un premier temps, l'église s'oppose à sa consommation au prétexte que cet objet « satanique » ne doit pas entrer en compétition avec le blé, plante sacrée productrice de pain et de « l'hostie ». Elle est néanmoins cultivée en Espagne et donnée à manger. Semble-t-il, aux malades de l'hôpital La Sangre de Séville, dont le comptable note en 1564 sa présence.

François-Charles de Lécluse (à Vienne), reçoit des échantillons envoyés par le gouverneur de Mons et constate que la pomme de terre est parfois cuite avec du mouton de la même manière que les navets.

Pour les experts, il s'agit avant tout d'une belle histoire : « parce qu'en réalité, on ne sait pas si les témoins qui parlent de la pomme de terre ne la confondent pas avec la patate douce ».

La pomme de terre se répand en Allemagne, Autriche, Suisse et France. Les espèces issues d'échantillons d'origine se révèlent difficile sous les climats d'Europe. Ce n'est qu'après sélection de variétés mieux adaptées que la Solanum tuberosum se répandra comme aliment.

Au 17e siècle, c'est Olivier de Serres en France qui commence réellement la culture de la pomme de terre. Antoine Augustin Parmentier, publie L'Examen chimique de la pomme de terre et popularise la culture de la pomme de terre et son usage comme aliment de base en France, rappelant ses vertus nutritives et sa résistance aux parasites, de manière à lutter contre la disette.

Pour l’Irlande c’est grâce à Francis Drake. S'agit-il de tubercules saisis sur un voilier espagnol ou de stocks espagnols pillés en Colombie ou rapportés de Virginie. D'où l'idée fausse d'une pomme de terre de Virginie.


1)  : La plus connue est sans conteste la Pomme de terre. Le Tabac, la Tomate, les piments, le poivron et l'aubergine sont aussi des Solanacées. Dans le domaine ornemental, il faut aussi citer le pétunia, le pommier d'amour et l'alkékenge (Physalis). Les Solanacées, ce sont aussi les banales Morelles (noire et douce-amère) de nos haies et décombres. Enfin, les sorciers et les apothicaires vous citeront : la Belladone, la Stramoine (fruit) et la « terrible » Mandragore.


2) : Papa, patata, patate (pomme de terre famille des
Solanacées, nom latin : Solanum tuberosum L.). Aztèque (quechua) du Pérou, Bolivie, Equateur, actuel.

Bapate, patate (patate douce famile des
Convolvulacées
, nom latin : Ipomoea batatas). Taïnos, ils sont une ethnie amérindienne faisant partie du groupe des Arawaks, qui occupait les grandes Antilles lors de l'arrivée des Européens au XVe siècle. Malgré leur quasi disparition au XVIe siècle, beaucoup d'Antillais, plus particulièrement des Cubains, Portoricains et Dominicains continuent de se considérer comme Tainos.

Si dans les recettes elles sont aisément interchangeables, leurs valeurs nutritives sont par contre très différentes.


3) : …Est tellement complexe qu'en dépit de la possibilité de les synthétiser chimiquement, les méthodes de production ont un coût prohibitif. Pour cette raison, les pilules contraceptives et la cortisone ont été principalement fabriquées antérieurement à partir de substances extraites des racines d'ignames sauvages (Dioscorea), provenant surtout du Mexique. Lorsque ces sources ont été pratiquement épuisées, on a cultivé clans le mètre but d'autres plantes, comme
Solanum aviculare espèce du même genre que la morelle noire et les pommes de terre. (page 846)
Biologie végétale (Broché)
de Raven (Auteur)
Broché: 944 pages
Editeur : De Boeck (5 septembre 2000)
Collection : Biologie
ISBN-13: 978-2744501029


4) : Le chuño, la moraya ou la tunta désignent des spécialités des Andes centrales à base de pommes de terre déshydratées par un cycle d'expositions au soleil et au gel et de foulages. À chaque cycle les tubercules perdent de l'eau. C'est la manière traditionnelle de conserver et stocker les pommes de terre pendant de longues périodes, parfois des années.
Ces produits tiennent une grande place dans l'alimentation indigène, et plus généralement de la gastronomie des régions de production. Actuellement, le chuño est produit et consommé régulièrement au nord-ouest de l'Argentine, dans l'altiplano bolivien, au nord du Chili, et dans les régions andines et côtières du Pérou.
En Argentine et au Chili, on appelle également chuño l'amidon qui s'obtient en moulant les pommes de terre, par décantation des grains d'amidon qui flottent dans le jus. En Argentine cet amidon est utilisé pour réaliser des desserts semblables à du flan.
Ces préparations sont également utilisées pour donner de la consistance à la soupe et ajouter des notes de saveur. On peut aussi les manger avec du fromage.

Partager cet article

Repost 0
Published by Blasons - dans Coquin...
commenter cet article

commentaires

Rechercher