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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 18:23

Aucun doute : une très bonne cuisine fait l’unanimité, nous apprécions tous de fait le savoir de celles et de ceux qui sont les grands maîtres des saveurs qui flattent nos palais. Or « savoirs1 » et « saveurs2 », voilà justement deux mots qui sont frères ou sœurs étymologiques : ils sont effectivement issus de la même racine, en l’occurrence le verbe latin sapere, qui signifie « goûter », c’est-à-dire plus précisément « prendre connaissance » de quelque chose par le goût.

 

Le savoir, c’est en effet bel et bien étymologiquement découvrir quelque chose d’abord par les sens, et par conséquent en devenir maître par l’expérience. Et puisqu’il est question de maître, deux mots nous viennent forcément à l’esprit à propos du grand art de la cuisine. De quels mots s’agit-il ?

 

Il s’agit du maître-coq et du maître-queux qui, comme saveur et savoir, sont tous deux de même origine étymologique. Contre toute attente en effet, aucun rapport ne doit être établi entre le maître-coq et le coq du coq au vin ; de même qu’il n’y a aucune relation entre le maître queux et la queue d’une casserole. Au reste, si coq, dans maître-coq est, par rapprochement instinctif, de même orthographe que le fier volatile, queux, dans maître-queux s’écrit avec un x : q u e u x. Les deux mots, queux dans maître-queux et coq dans maître-coq proviennent de fait d’un même substantif latin, coquus, qui voulait dire cuisinier.

 

En ce qui concerne le maître-coq, le mot latin coquus était tout d’abord passé en néerlandais où il était devenu kok, et c’est nous qui leur avons emprunté ce mot au XVIIe siècle en en transformant l’orthographe, assimilant le kok k-o-k, au fier gallinacé, le coq. Ainsi, pas de confusion à faire, à bord d’un bateau, le coq désignait bien le cuisiner. Coq, soignez-nous bien, s’écriaient les marins. Quant au maître queux, attesté dans notre langue depuis 1080, en fait davantage cuisinier que maître, il en est la version pauvre. Une variante valorisante est cependant à signaler avec le Grand Queux de France, officier de la maison du roi, chargé du service de bouche. C’est évidemment plus seyant que le cuisinieux, un vieux mot qui se disait encore au XVIIe siècle. Et surtout, ne cherchez pas de féminin à maître coq ou maître queux, il serait vraiment malséant. On imagine mal en effet une maîtresse poule…

 

Texte de Jean Pruvost

 

1 Savoir du lat. sapere (avec changement d'accent, sapere), avoir de la saveur, avoir le goût bon, et fig. Être sage, judicieux, savoir connaître. C'est par une fausse étymologie qu'on s'est mis au XVe et au XVIe siècles à écrire sçavoir, comme si le mot venait du latin scire.

 

2 du lat. saporem, de sapere, avoir du goût.

 


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commentaires

Ginette 07/05/2011 11:03



Bonjour


Les 1200 recettes de «LA CUISINE POUR TOUS», livre de Ginette Mathiot paru en 1955, sont rassemblées sur un site mémoriel, simple et pratique.


http://www.SAPIDE.fr


Merci d’y jeter un coup d’œil et de le faire connaître si vous le jugez utile.


Bien cordialement,


G.



Ginette 29/01/2011 11:56



Bonjour
Les 1200 recettes issues de «LA CUISINE POUR TOUS» le livre de Ginette Mathiot paru en 1955, sont rassemblées sur ce site parfaitement désintéressé:  http://WWW.SAPIDE.FR
Merci d’y jeter un coup d’œil et de le faire connaître si vous le jugez utile.
Bien à vous,
G.



ImagineS 04/06/2010 10:33



Bonjour,


 


Voilà encore un article qui captive !


A bientôt de vous lire encore


ImagineS 



Blasons 10/06/2010 18:49



Merci,


J'aime entendre cela.



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