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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 20:22

Le siège de Paris commence dès le 14 septembre 1870 par les Prussiens. Il était inédit par l’importance de la population, l’intendance avait prévu des réserves de vivres importantes :

447.000 quintaux de farine, 25.000 œufs, 150.000 moutons, 2.000 porcs… Les queues s’allongent devant les commerces de bouche littéralement pris d’assaut. Les prix de la viande, des conserves, du pain et des denrées alimentaires flambent. Les boulangers vendent un pain noir de composition inconnue.

 

De plus coupée du reste du pays, la capitale subit rapidement la rigueur exceptionnelle d’un hiver (pointes à -12 °C en décembre) que les bombardements allemands aggravent dès janvier 1871.

 

On a consommé les chevaux, les ânes, les chats puis enfin les chiens et même les rats. Si le chat passait pour une gourmandise, les tabous s’exercèrent surtout sur le chien, qui n’avait jamais été consommé dans notre pays et dont la viande passait pour désagréable et coriace. On vendait la viande de chien pour du mouton et les rats pour des lapereaux. Selon le cuisinier Thomas Genin, le rat, s’il était désagréable à toucher, donnait une viande d’une formidable qualité, fine et un peu fade, mais parfaite si elle était bien assaisonnée. Thomas Genin servait des terrines de rat avec une farce de chair et de graisse d’âne qu’il vendait 15 francs.

 

Durant les 135 jours que dura le siège, on dit que l’humiliation la plus grave des bourgeois de Paris fut d’avoir mangé du rat. Il y eut des boucheries canines et félines. En décembre 1870, après trois mois de siège, le rat coûtait 3 francs, un chat 10 francs, un œuf 2 francs et une boîte de sardines 5 francs. On pêcha aussi les poissons de la Seine, de la Marne et des lacs du bois de Boulogne. Dans les restaurants de luxe, on servit les animaux du zoo et du Jardin d’acclimatation. Le maire du 3e arrondissement, Monsieur Bonvalet, pour fêter sa récente nomination, offrit un dîner de 20 convives le soir du réveillon du 31 décembre 1870, au restaurant Noël Peter’s, tenu par M Fraysse, et célèbre aussi pour avoir inventé le « plat du jour » et le homard à l’américaine. Il composa le menu suivant :

 

- Hors d’œuvre : sardines, céleri, beurre et olives

- Potage : Sajou (une sorte de singe) au vin de Bordeaux

- Relevé : saumon à la Berzelius

- Entrée : escalopes d’éléphant, sauce aux échalotes

- Rôt : ours à la sauce Troussenel

- Dessert : pommes et poires

 

D’autres recettes nous ont été conservées : daube de serpent python, civet de lion, crépinette d’hippopotame ou de rhinocéros… Mais l’affaire la plus célèbre concerne la fin des éléphants. Castor et Pollux, les éléphants du jardin zoologique avaient été consommés le 31 décembre 1870 chez Voisin, célèbre restaurateur de l’époque, rue Saint Honoré. Début janvier, ce fut le tour de l’éléphant du jardin des Plantes d’être abattu. Il fut aussi acheté par Voisin, débité par un boucher de la rue de faubourg Saint Honoré et vendu au prix de 15 francs la livre. Le 13 janvier, le restaurant Voisin servit des plats de viande d’éléphant. Trois heures après, il n’en restait plus et Monsieur Bellanger, le patron du restaurant, fit acheter du cheval de réserve. Le chef, Monsieur Choron (célèbre pour la sauce qu’il a créée Béarnaise tomatée) n’en revint pas et servit de la viande de cheval comme de l’éléphant et les clients n’y virent que du feu. Monsieur Bellanger aurait fait 40 000 francs or de bénéfice pendant le siège et put se retirer, fortune faite. L’on assure que la trompe de l’éléphant était le meilleur morceau.

 

Albert D.Vandam un journaliste anglais présent durant tout le siège a évoqué ses expériences culinaires dans son livre « Un anglais à Paris. » en 1897.

« J’ai mangé de la chair d'éléphant, de loup, de casoars, de porc épic, d'ours, de kangourou, de rat, de chat, de cheval... C'est le propriétaire de la boucherie anglaise, M. debos qu'il n’était nullement anglais qui m'a procuré la plupart de ces viandes insolites. Il avait acheté presque tous les animaux du jardin zoologique à des prix astronomiques... Les éléphants avaient été cédé à M. debos pour 27.000 francs ».

 

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 16:11

Pour tous les amoureux, la fête de Saint Valentin est très populaire. On aime tous faire des cadeaux, se dire des mots doux, avoir une occasion d'avouer nos sentiments… Ah bon ! Moi j’attends la Saint Valentin pour donner mes sentiments, Noël pour faire des cadeaux voire l’anniversaire, le premier avril pour faire des farces… 

Pourquoi ce jour alors ?
 

L’association du milieu du mois de février avec l’amour et la fertilité date de l’antiquité.
 

Dans le calendrier de l’Athènes antique, la période de mi-janvier à mi-février était le mois de Gamélion1 mois et  fête en l´honneur du mariage de Zeus et Héra.
 

Dans la Rome antique, le jour du 14 ou 15 février était nommé les lupercales ou festival de Lupercus2. Lupercus dieu de la fertilité, que l’on représente vêtu de peaux de chèvre. Ses prêtres sacrifiaient des chèvres au dieu et, après avoir bu du vin, ils couraient dans les rues de Rome à moitié nus et touchaient les passants en tenant des morceaux de peau de chèvre à la main. Les jeunes femmes s’approchaient volontiers, car être touchée ainsi était censé rendre fertile et faciliter l’accouchement. Cette solennité païenne honorait Junon, déesse romaine des femmes et du mariage, ainsi que Pan, le dieu de la nature.
 

En ce qui concerne l'identité propre de St Valentin, considéré aussi comme le patron des amoureux, les historiens ne sont pas d'accord sur le sujet, car il y aurait 7 saints chrétiens prénommés Valentin. Leur fête a été fixée le 14 février par décret du pape Gelase Ier, aux alentours de 498. C’est à cette date qu’ils sont mentionnés dans les premiers martyrologes.

Le rapprochement entre la Saint-Valentin et l’amour courtois n’est mentionné dans aucune histoire ancienne et est considéré par des historiens comme une légende. Il existe une légende selon laquelle la fête de la Saint-Valentin a été créée pour contrecarrer la pratique des lupercales par les jeunes amoureux qui dessinaient leurs noms sur une urne. Mais cette pratique n’est citée dans aucune source écrite de l’époque.
 

Le jour de la Saint-Valentin a longtemps été célébré comme étant la fête des célibataires et non des couples. Le jour de la fête, les jeunes filles célibataires se dispersaient aux alentours de leur village et se cachaient en attendant que les jeunes garçons célibataires les trouvent. À l’issue de ce cache-cache géant, les couples formés étaient amenés à se marier dans l’année. Ceci permettait de développer la démographie et stimuler l’expansion des villages.


Cette pratique laissait libre cours à beaucoup de tricheries de la part de couples officieux ainsi que des hommes qui visaient une jeune fille en particulier et notamment « la plus belle du village », très courtisée. 

La première mention du jour de la Saint-Valentin avec une connotation amoureuse remonte au XIVe siècle en Angleterre et en France, où l’on croyait que le 14 février était le jour où les oiseaux s'accouplaient. Cette croyance est mentionnée dans les écrits de Geoffrey Chaucer au XIVe siècle. Il était courant durant cette période que les amoureux échangent des billets et qu’ils s’appellent chacun leur Valentin. Un de ces billets du XIVe siècle se trouverait à la British Library. Il est probable que nombre de légendes sur la Saint-Valentin aient été inventées pendant cette période. Parmi ces légendes, on trouve celles-ci :

·         La veille du martyre de Saint Valentin3.

·         Pendant une période d’interdiction de mariage des soldats romains par l’empereur Claude II, Saint Valentin arrangeait secrètement les mariages. Dans la plupart des versions de cette légende, le 14 février est la date liée à son martyre.

·         Au début du XVe siècle, l’œuvre de Charles d’Orléans comporte plusieurs poèmes dédiés à la Saint-Valentin.



[1] C’est le septième mois (ou huitième quand l´année en comptait 13) du calendrier grec antique en vigueur dans la région d'Athènes, Il tire son nom du mot grec « Gameliốn » le mois des mariages.

[2]
La fête des Lupercales est une fête de purification, en fin d’année. C’est aussi une fête de passage : le sacrifice dans la grotte est symbolique de la
mort ; le rire aux éclats, qui survient après la purification, symbolise le retour du souffle vital et de la résurrection.

[3] Valentin de Terni fut un moine qui vécut à l'époque du règne de l'Empereur Claude II le Gothique (IIIe siècle). Martyr, fêté le 14 février.
 

Il était connu de son temps pour conseiller les jeunes amoureux, il est dit qu'une fois les jeunes hommes assurés par les paroles de Valentin, celui-ci donnait, en guise d'offrande, une fleur de son jardin au prétendant, lequel s'empressait de rejoindre sa dulcinée pour la lui offrir.
 

Ces temps furent les débuts du christianisme et toute l'Europe n'était pas encore christianisée, ce qui fît que l'empereur Claude II le Cruel eut vent des consultations de Valentin. L'époque fut religieusement en pleine mutation, Claude n'aimait en rien la chrétienté et ordonna que Valentin soit arrêté, ce qui fut fait.
 

Valentin qui refusa de se soumettre à la volonté de l'Empereur, fut donc mis à la geôle. C'est dans cette période de sa vie qu'il rencontra la fille de son geôlier, laquelle s'appelait Julia et était aveugle de naissance. Durant sa captivité, Valentin entretint des relations amicales avec Julia. Celle-ci, étant donné sa cécité, avait demandé à Valentin la description du monde. Julia, par amour envers Valentin, lui apporta à manger jusqu'au jour où, est il dit, un miracle se produisit durant un soir.
 

Certains témoins auraient dit avoir aperçu une vive et forte lumière par la fenêtre de sa cellule, Julia venait de trouver enfin la vue! Ses paroles furent: « Maintenant je vois ! Je vois le monde tel que vous me l'avez décrit ! »
 

Ce grand événement parvint jusqu'aux oreilles de Claude II le Cruel, lequel n'apprécia pas ce genre d'histoire, et ordonna sur le champ l'exécution de Valentin. Le jour de son exécution, il fut roué de coups par les légionnaires romains et fut décapité sur la voie flamina, le 14 février 269.
 

Et c'est depuis ce jour que toute la famille de Julia se convertit au christianisme pour honorer la mémoire de Valentin. Il est dit que Julia planta, près de la tombe de Valentin, un amandier et cet arbre fut depuis ce jour, un symbole de l'amour.
 

Saint Valentin devint très populaire en Allemagne pour une raison bien amusante. Les pèlerins allemands, arrivant à Rome par la voie Flamina, avait pris l'habitude de faire une halte dans l'église Saint-Valentin. La ressemblance sonore du nom de Valentin et du verbe allemand « fahlen » (tomber) avait valu au saint la réputation de guérir les blessures de ceux qui avaient fait une mauvaise chute.





La Saint Valentin.

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 16:07

La fête de Carnaval se déroule à diverses dates selon l'endroit du globe et revêt des rituels différents ! Ils consistent généralement en une période où les habitants de la ville sortent déguisés, masqués ou bien maquillés et se retrouvent pour chanter, danser dans les rues et éventuellement autour d’une parade.

On fait dériver le mot carnaval de carne, les linguistes retiennent seulement l'origine italienne : carnevale, composé de carn (chair) et levare (lever, enlever, ôter).

Le carnaval ou les carnavals, fête non reconnue par l'Eglise, débute entre l'Épiphanie (le 6 janvier), date qui marque la fin des fêtes de Noël et s'arrête le mardi gras, veille du début de la période de carême. Le carnaval a le même sens que le carême-entrant ou carême-prenant qui désignaient, à l'origine, le début du carême. Ces termes ont ensuite désigné la fête clôturant les derniers jours avant le carême.

Lors de ces fêtes de Carnaval on retrouve toujours le principe d'inversion au travers des costumes et des jeux (maître/esclave, homme/femme), on se déguise, on fait ripaille, on offre des cadeaux, chants et danses sont de la fête. 

Par opposition au Carême, le Carnaval est une période d'excès joyeux, de gras contre maigre. Dans tous les carnavals, les gens dansent, mangent et se déguisent, les règles et interdits habituels sont suspendus. 

Chars géants, parades, bals masqués, confettis et serpentins, fanfares, c'est la période des excès démonstratifs ! Cet usage semble être un reste des fêtes populaires ancestrales, telles que les Bacchanales, les Lupercales, les Saturnales, la fête des Fous, de l'Ane, etc1.

Chaque pays à sa propre interprétation des réjouissances avec toujours un même objectif : faire la fête ! Parmi les plus connus de nos jours, on peut citer les carnavals de Rio de Janeiro, Venise, Nouvelle-Orléans, Nice, également ceux du nord de la France comme Dunkerque Bailleul, moins connu mais tout aussi festif, le carnaval de Québec. 

Si le début du Carnaval connaît des dates variables la fin correspond à la tombée de la nuit de mardi gras.


Mardi gras et le mercredi des cendres2.
Tout au long de l'année, se succèdent des fêtes qui rythment la vie des chrétiens. La fête de Mardi Gras a tous les ans une date différente, fixée par rapport à la date de Pâques, qui elle même varie en fonction du cycle de la Lune. Le Mardi gras est le jour qui précède le Mercredi des Cendres. 

Avant le jeûne, il est bon de se défouler ! Ainsi la semaine des sept jours gras précède les 40 jours maigres de carême ! Le Mardi gras est le dernier des jours gras, celui qui est fêté avec le plus d'éclat ! Au jeûne et à l'abstinence s'opposait alors le carnaval. 

Pour marquer le coup avant que ces privations ne commencent, la veille, le mardi, on faisait gras. On finissait les aliments gras avant de se mettre au carême. On en profite pour faire des beignets, des bugnes et des fritures. De plus, la tradition du carême veut qu’on arrête également de manger des œufs, donc on en profite pour faire des crêpes. 

Aujourd'hui, le jeûne n'est guère pratiqué et se limite essentiellement au mercredi des cendres et au vendredi Saint, jours durant lesquels les catholiques s'abstiennent de manger de la viande. 



Carême. 

Pendant la période de Carême, les croyants doivent jeûner, se priver et prier dans le but d'expier leurs fautes. L'Eglise interdit ainsi la consommation de viande, la célébration des mariages et les relations conjugales. A la fin du temps du Carême se déroule la fête de Pâques qui célèbre la mort, puis la résurrection du Christ. 

Aujourd'hui, on a gardé le meilleur (le carnaval) et on a oublié le pire (le carême). Mais ne devrions-nous pas faire carême ? Au moins, les premiers jours, on pourrait s'abstenir d'alcool et de pâtisseries !

Pourquoi ? Tout simplement pour redonner au carnaval son lustre d'antan : quand on entre dans une période de privation, on fait d'autant plus la fête ! Pas de carnaval digne de ce nom sans carême ! 

1) Il faut savoir que sous l'empire Romain, il existait déjà une grande fête de Carnaval nommée « les Saturnales » à une toute autre période de l'année. Cette période de fête populaire se déroulait entre le 17 et le 25 décembre.

Le peuple marquait par des réjouissances le solstice d'hiver. Ces fêtes avaient pour but de redonner courage et espoir au peuple effrayé par les sols gelés, l'absence de vie et l'obscurité.
On offrait des cadeaux : des porte-bonheur, du miel, des gâteaux, de l'or étaient des cadeaux courants. On décorait les maisons avec du lierre, des branches de houx et de gui.

 

2) Cette fête marque le souvenir d'Adam condamné après son péché à retourner poussière. Les chrétiens sont invités à se purifier de leurs fautes et à faire pénitence par des privations. Le mercredi des Cendres est le 1er Jour du Carême qui va durer 40 jours. A l'issue de ces 40 jours la fête de Pâques célébrera la mort et la résurrection du Christ.

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